Avi Lewis, Naomi Klein, Manon Massé, Chico Whitaker

Tout peut changer, selon Naomi Klein

15 octobre 2015

Des membres du Collectif du FSM 2016 ont assisté à la première québécoise du film Tout peut changer de Naomi Klein, et réalisé par Avi Lewis. La présentation a été organisé en collaboration avec Alternatives, Élan Global et ÉCO ((Étudiants contre les oléoducs). On y entend l’appel à la solidarité des peuples pour se servir la crise climatique pour changer notre système économique qui ne fonctionne plus très bien. Nous avons eu la chance de pouvoir échanger par la suite avec Naomi Klein. Henri-C. Baudot du Collectif nous livre ici ses impressions du film.


Les images du film Tout peut changer sont soufflantes ! Les fumées blanc jaunâtre de Fort McMurray envahissent tout l’écran, et nous n’y sommes pas sur place. Naomi Klein y était en 2013, lors d’une visite de délégation du Québec, quand le combat s’articulait autour des sables bitumineux, dans le nord de l’Alberta. Un développement économique dans la foulée des discours économistes du XVIIIe siècle, i.e. « que les ressources de la Terre sont inépuisables (…) et que l’homme peut en extraire tant qu’il le veut… » Cette pensée, désuète aujourd’hui, a conduit aux inimaginables catastrophes que les Autochtones de Beaver Lake avaient pressenties, mais que nous ne comprenons que maintenant. Nous voulions contrôler la Nature, mais force est de voir que celle-ci semble se venger de nos outrances, de nos excès. Les États-Unis, touchés à New-York par l’ouragan Sandy en 2012, prennent acte de ces revirements. Le réchauffement du climat est bien réel et risque de faire augmenter la température de plus de 2 °C au cours des dix prochaines années. Pour elle, « nous sommes en danger ! »

La marche du climat en avril à Québec (Qc)

Les exemples montrés font choc, images percutantes à l’appui, telles celles de la contamination d’une vallée au Montana, sur la rivière Yellowstone, où une famille d’éleveurs se lève par un beau matin, en pleine et vaste campagne, avec une marre d’eau contaminée au pétrole par une entreprise d’exploitation ; le rêve d’une vie est dévastée ! Car « l’on prend dans la terre à outrance, sans remettre ce qu’elle nous donne » (dixit une Autochtone Cree).  « Pourtant, ajoute-t-elle, nous ne sommes ici que de passage. Que laisserons-nous aux enfants qui nous suivent ? »

Dans le Huffington Post

En Grèce, à Hakidiki, des citoyen-nes ont refusé des mesures d’austérité dictées par les gouvernants locaux. Ils sont descendus dans la rue et ont bouclé une boucle. Heureusement, car il a été dit que ‘tout est à vendre’ là-bas, vers 2009-2010. C’était une réponse aux gens inquiets de la crise économique : Vendez tout ce que vous avez. Une telle réponse laissera sûrement le champ libre aux envahisseurs…économiques, évinçant les petits commerces, les politiques locales et la gouvernance du territoire propre ; tout sur leur passage quoi.

En Andra Pradesh, aux Indes, les villageois de Sompata ont également bloqué des rues aux voitures qui voulaient se rendre sur le site d’une compagnie minière jugée illégitime par les citoyen-nes. (Info Sompata Nuclear power plant project.)

A Beijing, en Chine, la croissance économique vertigineuse et encensée de ce pays émergent vit dans le smog entre 150 et 175 jours par année. On y voit des familles qui disent ne pas pouvoir sortir de la maison à cause de la pollution. Un enfant témoigne ne pas savoir (avoir vu) « de nuages, peu de ciel bleu, et pas de soleil » Les images du réalisateur nous révèlent ce qui est caché par un long voile blanc, épais, dense, duquel on se masque le visage, durant la moitié de l’année.

Elle égratignera au passage quelques grandes sociétés, comme la Royal Society, en Angleterre, qui préconise le contraire d’une décroissance et qui semble ne voir là que des propos alarmistes. Tout comme certaines sociétés de haut-savoir aux États-Unis qui dénigrent encore les changements climatiques et le fait humain sur l’environnement.

Un film épeurant ? « Non, mais nous sommes en danger », dira Naomi Klein. Par ailleurs, ensemble, nous pouvons agir pour mettre fin à cette destruction massive de la planète (séquences de la bande-annonce).

Je m’abstiens donc de donner le « punch » du film, il est à voir, et non pas à le révéler entièrement !

Henri-C. Baudot

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